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Takashi Shimura play the leading role.

Lorsque Watanabe apprend qu'il ne lui reste que quelques mois à vivre, ce bureaucrate à l'âge déjà avancé entame une lutte pour vivre et donner un sens à sa vie.
Une intense réflexion sur la condition humaine dans un monde où règne la bureaucratie, sur la solitude et le sentiment de résignation qu'elle suscite.
Comme beaucoup de films de Akira Kurosawa, Ikiru est un véritable chef d'oeuvre du cinéma.

When Watanabe learn he has only a few months to live, this middle aged bureaucrat start a struggle for life and to give some sense to his life.
An intense reflexion on human condition in a world ruled by bureaucracy, on the lonelines and the feeling of resignation it rouses.
Like many movies of Akira Kurosawa, Ikiru is a true masterpiece of cinema.

Gondola no Uta

いのち短し
恋せよ少女
朱き唇
褪せぬ間に
熱き血潮の
冷えぬ間に
明日の月日の
ないものを

いのち短し
恋せよ少女
いざ手をとりて
彼の舟に
いざ燃ゆる頬を
君が頬に
ここには誰れも
来ぬものを

いのち短し
恋せよ少女
波に漂う
舟の様に
君が柔手を
我が肩に
ここには人目も
無いものを

いのち短し
恋せよ少女
黒髪の色
褪せぬ間に
心のほのお
消えぬ間に
今日はふたたび
来ぬものを

inochi mijikashi
koi seyo otome
akaki kuchibiru
asenu ma ni
atsuki chishio no
hienu ma ni
asu no tsukihi no
nai mono wo

inochi mijikashi
koi seyo otome
iza te wo torite
ka no fune ni
iza moyuru ho wo
kimiga ho ni
koko ni wa dare mo
konu mono wo

inochi mijikashi
koi seyo otome
nami ni tadayou
fune no yo ni
kimiga yawate wo
waga kata ni
koko niwa hitome mo
nai mono wo

inochi mijikashi
koi seyo otome
kurokami no iro
asenu ma ni
kokoro no honoo
kienu ma ni
kyou wa futatabi
konu mono wo

life is brief.
fall in love, maidens
before the crimson bloom
fades from your lips
before the tides of passion
cool within you,
for those of you
who know no tomorrow

life is brief
fall in love, maidens
before his hands
take up his boat
before the flush of his cheeks fades
for those of you
who will never return here

life is brief
fall in love, maidens
before the boat drifts away
on the waves
before the hand resting on your shoulder
becomes frail
for those who will never
be seen here again

life is brief
fall in love, maidens
before the raven tresses
begin to fade
before the flame in your hearts
flicker and die
for those to whom today
will never return

Book cover

Un monument de la littérature américaine.
Je viens de terminer la lecture de Native son de Richard Wright. L'auteur y dépeint la vie d'un afro-américain dans la ville de Chicago au début du XXème siècle. Il raconte la tragédie de Bigger, qui vit dans un ghetto de Chicago, il y décrit la difficulté de vivre dans un monde et dans une culture si riche et épanouissante que l'amerique du début du siècle, mais de n'y avoir finalement pas accès à cause de son origine et de la couleur de sa peau.
L'auteur y raconte comment la haine prend racine chez ce personnage, et comment elle le conduit à un acte d'une violence extrême, qui attirera sur lui le courroux d'une société toute entière.
'Native son' prend place dans un contexte particulier, une Amérique qui s'est construit sur l'esclavage d'une partie de la population, esclavage qui même une fois aboli aura laissé des marques profondes, créeant la situation de Bigger dans 'Native Son', situation qui même aujourd'hui ne s'est toujours pas beaucoup améliorée.
Au delà d'aider à comprendre ce contexte bien particulier, 'Native Son' a une portée qui s'etend bien au delà, et aide à comprendre comment une attitude face à une minorité peut engendrer la haine. L'ouvrage nous plonge si bien dans la peau de Bigger, qu'on ne peut que comprendre et réaliser comment l'injustice qui s'est abattu sur lui toute sa vie est finalement la première responsable de ses crimes.

Encore une fois il s'agit d'un contexte particulier, mais on peut en tirer des enseignements et des parallèles à tous niveaux. Il existe de très nombreux Bigger dans le monde, chacun avec sa propre histoire, sa propre tragédie, l'important est de comprendre ce que leurs révoltes signifient.

Voici le bouquin au format epub, en anglais :

Native Son - Richard WrightDownload

Pour le lire en français, j'ai tenté de chercher "un enfant du pays" en ligne, mais à ma surprise je ne l'ai pas trouvé. A chercher en librairie.

Voici la bande annonce d'un super documentaire sur le problème de la diversité des graines. Il y décrit comment le nombre d'espèces cultivées par l'Homme a été drastiquement réduite au cours du dernier siècle, et comment des gens aujourd'hui se battent pour préserver cette richesse et cette diversité. Le documentaire s'attaque aussi aux méthodes des gros industriels comme Monsanto pour imposer leurs méthodes et leurs produits.

Sometimes a kind of glory lights up the mind of a man. It happens to nearly everyone. You can feel it growing or preparing like a fuse burning toward dynamite. It is a feeling in the stomach, a delight of the nerves, of the forearms. The skin tastes the air, and every deep-drawn breath is sweet. Its beginning has the pleasure of a great stretching yawn; it flashes in the brain and the whole world glows outside your eyes. A man may have lived all of his life in the gray, and the land and trees of him dark and somber. The events, even the important ones, may have trooped by faceless and pale. And then—the glory—so that a cricket song sweetens his ears, the smell of the earth rises chanting to his nose, and dappling light under a tree blesses his eyes. Then a man pours outward, a torrent of him, and yet he is not diminished. And I guess a man’s importance in the world can be measured by the quality and number of his glories. It is a lonely thing but it relates us to the world. It is the mother of all creativeness, and it sets each man separate from all other men.
I don’t know how it will be in the years to come. There are monstrous changes taking place in the world, forces shaping a future whose face we do not know. Some of these forces seem evil to us, perhaps not in themselves but because their tendency is to eliminate other things we hold good. It is true that two men can lift a bigger stone than one man. A group can build automobiles quicker and better than one man, and bread from a huge factory is cheaper and more uniform. When our food and clothing and housing all are born in the complication of mass production, mass method is bound to get into our thinking and to eliminate all other thinking. In our time mass or collective production has entered our economics, our politics, and even our religion, so that some nations have substituted the idea collective for the idea God. This in my time is the danger. There is great tension in the world, tension toward a breaking point, and men are unhappy and confused.
At such a time it seems natural and good to me to ask myself these questions. What do I believe in? What must I fight for and what must I fight against?
Our species is the only creative species, and it has only one creative instrument, the individual mind and spirit of a man. Nothing was ever created by two men. There are no good collaborations, whether in music, in art, in poetry, in mathematics, in philosophy. Once the miracle of creation has taken place, the group can build and extend it, but the group never invents anything. The preciousness lies in the lonely mind of a man.
And now the forces marshaled around the concept of the group have declared a war of extermination on that preciousness, the mind of man. By disparagement, by starvation, by repressions, forced direction, and the stunning hammerblows of conditioning, the free, roving mind is being pursued, roped, blunted, drugged. It is a sad suicidal course our species seems to have taken.
And this I believe: that the free, exploring mind of the individual human is the most valuable thing in the world. And this I would fight for: the freedom of the mind to take any direction it wishes, undirected. And this I must fight against: any idea, religion, or government which limits or destroys the individual. This is what I am and what I am about. I can understand why a system built on a pattern must try to destroy the free mind, for this is one thing which can by inspection destroy such a system. Surely I can understand this, and I hate it and I will fight against it to preserve the one thing that separates us from the uncreative beasts. If the glory can be killed, we are lost.

Il arrive parfois qu’une sorte de grâce embrase l’esprit. C’est un phénomène assez répandu. Au début, c’est un crépitement de cordon Bickford qui se consume vers la dynamite, une joie dans l’estomac, un délice des nerfs et des avant-bras. La peau goûte l’air et chaque respiration est un accomplissement. Le corps entier s’étire et bâille de plaisir, le cerveau s’illumine et le monde entier resplendit devant les veux. L’homme peut avoir vécu une vie grise dans un domaine de terres obscures et d’arbres noirs, les événements les plus importants ont pu passer, alignés, anonymes, et dépourvus de couleur, cela ne compte pas. Car à la minute de la grâce, soudain le chant d’un criquet enchante l’oreille, l’odeur de la terre charme les narines et la lumière tamisée par un arbre régénère l’œil. Alors l’homme devient source et il est intarissable. Peut-être la place qu’il tient dans le monde peut-elle être mesurée par la qualité et le nombre de ses embrasements. C’est une fonction individuelle, mais elle nous unit à la collectivité. Elle est mère de toute création et elle définit l’homme par rapport aux autres hommes.
Je ne sais pas ce que nous réservent les années à venir. De monstrueux changements se préparent, des forces dessinent un futur dont nous ne connaissons pas le visage. Certaines d’entre elles nous semblent dangereuses parce qu’elles tendent à éliminer ce que nous tenons pour bon. Il est vrai que deux hommes réunis soulèvent un poids plus aisément qu’un homme seul. Une équipe peut fabriquer des automobiles plus rapidement et mieux qu’un homme seul. Et le pain qui sort d’une fabrique est moins cher et de qualité plus uniforme que celui de l’artisan. Lorsque notre nourriture, nos vêtements, nos toits ne seront plus que le fruit exclusif de la production standardisée, ce sera le tour de notre pensée. Toute idée non conforme au gabarit devra être éliminée. La production collective ou de masse est entrée dans notre vie économique, politique et même religieuse, à tel point que certaines nations ont substitué l’idée de collectivité à celle de Dieu. Il est trop tôt. Là est le danger. La tension est grande. Le monde va vers son point de rupture. Les hommes sont inquiets.
Aussi, il me semble naturel de me poser ces questions : En quoi crois-je ? Pour quoi dois-je me battre ? Et contre quoi dois-je me battre ?
Notre espèce est la seule créatrice et elle ne dispose que d’une seule faculté créatrice : l’esprit individuel de l’homme. Deux hommes n’ont jamais rien créé. Il n’existe pas de collaboration efficace en musique, en poésie, en mathématiques, en philosophie. C’est seulement après qu’ait eu lieu le miracle de la création que le groupe peut l’exploiter. Le groupe n’invente jamais rien. Le bien le plus précieux est le cerveau isolé de l’homme.
Or, aujourd’hui, le concept du groupe entouré de ses gendarmes entame une guerre d’extermination contre ce bien précieux : le cerveau de l’homme. En le méprisant, en l’affamant, en le réprimant, en le canalisant, en l’écrasant sous les coups de marteau de la vie moderne, on traque, on condamne, on émousse, on drogue l’esprit libre et vagabond. Il semble que notre espèce ait choisi le triste chemin du suicide.
Voici ce que je crois : l’esprit libre et curieux de l’homme est ce qui a le plus de prix au monde. Et voici pour quoi je me battrai : la liberté pour l’esprit de prendre quelque direction qui lui plaise. Et voici contre quoi je me battrai : toute idée, religion ou gouvernement qui limite ou détruit la notion d’individualité. Tel je suis, telle est ma position. Je comprends pourquoi un système conçu dans un gabarit et pour le respect du gabarit se doit d’éliminer la liberté de l’esprit, car c’est elle seule qui, par l’analyse, peut détruire le système. Oui, je comprends cela et je le hais, et je me battrai pour préserver la seule chose qui nous mette au-dessus des bêtes qui ne créent pas. Si la grâce ne peut plus embraser l’homme, nous sommes perdus.