The Holy Mountain, trailer.

J'ai entendu parler de Jodorowsky pour la première fois avec "Jodorowsy's Dune", un documentaire américain réalisé en 2013 portant sur un des projets les plus ambitieux que le monde du cinéma de science fiction ait connu : une adaptation du roman Dune de Frank Herbert. Jodorowsky avait rassemblé une équipe de choc et réalisé un story-board dont de nombreux éléments furent repris plus tard dans de nombreuses œuvres de science fiction grand public. Le projet de "Dune" n'aboutira pas, faute de financement ; les producteurs hollywoodiens ne voulurent pas financer Jodorowsy pour son film. Ce n'est qu'en regardant "La montagne sacrée" que je compris vraiment pourquoi... Il me fallu du temps, entre la première fois que je m'intéressais à "La montagne sacrée", et le moment où je le regardais, je repoussais sans cesse, les premières minutes du film me faisait craindre un film trop intellectuel, remplit de symboles indéchiffrables, je craignais une séance de cinéma douloureuse comme j'avais pu vivre avec le "Sayat Nova" ( ou "la couleur de la grenade" ) de Serguei Paradjanov, je pensais vraiment que j'allais me faire chier. Quelle bonne surprise fut ce film ! Non seulement c'est un spectacle magnifique, les couleurs sont vives et magnifiques, la musique entraînante et envoûtante, les décors sont riches, les costumes travaillés, chaque scène du film aurait sa place dans un musée d'art contemporain ( et j'ai eu beaucoup plus de plaisir à regarder ce film qu'à visiter un musée d'art contemporain ), et le film n'hésite pas à choquer, mais sans provocation, sans violence, mais sans aucune pudeur, sans gêne, on sent que l'auteur ne recule devant rien, et n'hésite pas à piétiner les symboles les plus chers à la civilisation judéo-chrétienne avec la liberté la plus débridée. Jodorowsky se lance dans un assaut symbolique et psychanalytique de la culture occidentale, avant de livrer sa vision du parcours initiatique et spirituel. Le symbolisme est osé, à tel point qu'il en devient drôle, voire carrément hilarant, et il me faut résister à la tentation d'en afficher des photos de peur de gâcher la surprise. Je sais que les premières apparences du film peuvent rebuter, elles m'ont longtemps rebuté, mais la liberté, la joie et la folie qui se dégagent de ce film fascinent, et si le film est sans doute trop polémique et trop loufoque pour parler de chef d’œuvre, on y sent de nombreuses graines du génie.

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